Comme les autres "grandes écoles", l'Ecole Centrale
de Paris dispose d'une association d'anciens particulièrement
active. Créée en 1862,
l'association des centraliens emploie onze salariés permanents.
Jean-Pierre Poitevin, délégué général
de l'association, et centralien lui-même, présente l'association
à travers ses missions et ses initiatives pour servir l'image
de l'école et de ses ingénieurs.
Que représente l'association
par rapport à l'ensemble de la communauté des anciens
centraliens ?
Il y a dans le monde 19 200 centraliens
vivants, dont 8 200 sont membres
de notre association. J'entends par membres, les anciens élèves
qui acquittent chaque année leur cotisation. Notre annuaire qui
recense l'ensemble des centraliens comporte les adresses de 15.500 d'entre-eux.
Quel sont les services que vous offrez
à vos adhérents ?
Il faut préciser que tous
les anciens élèves peuvent bénéficier de
nos services, qu'ils soient ou non adhérents. Mais il est vrai
que la plupart des centraliens considèrent qu'il est normal de
participer au fonctionnement de l'association en acquittant leur cotisation
dont une part est déductible de leurs revenus. S'agissant de
nos services l'un des plus importants est le pôle carrière
et emploi.
De quoi s'agit-il ?
Nous avons reçu l'année
dernière de la part de chasseurs de tête et d'entreprises
12 000 offres d'emploi correspondant à 18 000 postes proposés
aux anciens centraliens. A l'inverse, les centraliens qui souhaitent
évoluer dans leur carrière nous font connaître leur
recherche. Le rôle de notre service carrière et emploi
est donc de mettre en relation ces offres et ces demandes. Et puis nous
avons également pour mission de faire vivre le réseau
des centraliens en organisant des rencontres, des événements
en publiant chaque année l'annuaire et par l'intermédiaire
de la publication de notre revue "Centraliens"
Quelle réalité se cache
derrière cette expression de "réseau"?
Je tiens à préciser
que nous ne sommes pas une "mafia" à la différence
d'autres associations. La communauté des centraliens se caractérise
plutôt par son esprit d'entraide, de solidarité et de camaraderie.
Il n'y a ni esprit de mafia ni esprit de caste. D'ailleurs les élèves
regrettent que les centraliens dirigeants d'entreprises ne soient pas
suffisamment sensibles à l'appartenance centralienne dans leurs
recrutements.
Quels sont vos liens actuels avec l'école
?
Nous sommes naturellement très
liés à l'école mais nous n'intervenons pas dans
ses choix pédagogiques. En revanche nous sommes associés
aux groupes de réflexion sur la réforme de l'enseignement.
Il faut dire que cette école fait évoluer son enseignement
en permanence. Par exemple il y a actuellement un important projet de
réforme de la troisième année du cycle d'ingénieur.
Mais vous avez pris part au débat
houleux qui a entouré la confirmation de Daniel Gourisse à
la direction de l'école...
Nous avons effectivement soutenu
Daniel Gourisse alors que son maintien à la direction de l'école
était remis en cause par le ministre de l'époque (NDLR:
Claude Allègre). Nous avons par exemple publié dans
Le Monde une pleine page dans laquelle nous faisions état de
notre désaccord vis à vis de la remise en cause de la
proposition du conseil d'administration de Centrale par le ministre.
Nous pensions que le conseil d'administration devait rester autonome.
Mais il ne s'agissait pas pour nous d'un débat politique. Simplement,
comme représentants des anciens centraliens nous voulions rappeler
notre attachement au choix du meilleur directeur possible pour l'école,
même si celui-ci était en fonction depuis 21 ans.
Quels sont vos initiatives pour ouvrir
les centraliens vers l'extérieur ?
Nous ne sommes pas une tribu
fermée et la communauté des Centraliens entretient par
exemple des contacts avec d'autres grandes écoles de gestion.
Nous organisons également les Entretiens
européens de la Technologie les 20 et 21 novembre prochains
qui devraient réunir 1 500 personnes à la Cité
des Sciences et de l'Industrie de la Villette. Nous allons d'ailleurs
créé une association spécifique pour l'organisation
de cette manifestation. Le thème retenu cette année est
le développement durable. Nous avons également créé
Centrale Santé qui est un groupement professionnel réunissant
à la fois des médecins et des centraliens. Les médecins
rentrent ainsi en contact avec les ingénieurs concepteurs des
appareils qu'ils utilisent au quotidien. Nous pensons qu'il y a beaucoup
de liens à créer entre le monde médical et celui
des ingénieurs.
Vous avez lancé un service que
vous appelez "l'adresse à vie", de quoi s'agit-il ?
Nous avons lancé ce programme
durant l'année 1999 pour permettre à chaque centralien
de bénéficier d'une adresse mail toujours constituée
sur le même modèle "nom-prénom@centraliens.net"
et nous retransmettons les messages adressés via cette boîte
aux centraliens concernés. Tout le problème d'une communauté
aussi large est de pouvoir conserver un lien sous forme d'un moyen de
communication durable. C'est l'objectif essentiel de cette initiative.
Nous avons, à ce jour, 8.500 centraliens disposant d'une adresse
sur ce modèle.
Pourquoi ne pas mettre votre annuaire
des anciens en ligne ?
La mise à jour des informations
personnelles est déjà possible sur le site et nous prévoyons
de mettre l'intégralité de l'annuaire en ligne. Mais il
faut pour cela mettre en place un système qui permette de respecter
la réglementation CNIL. Il est probable que nos vendrons l'accès
à cet annuaire en ligne, aux chasseurs de tête notamment.
Nous utilisons également notre site pour des enquêtes en
ligne que nous avons baptisées Baromètre Centralien. La
première enquête qui portait sur l'euro nous a permis de
recueillir 1 200 réponses et la deuxième sur l'eau
a généré 660 réponses.
Quel parcours vous a conduit jusqu'à
cette fonction de délégué général
de l'association des Centraliens ?
J'ai fait ma carrière
chez Saint-Gobain et malheureusement je n'avais pas suffisamment de
temps pour m'investir dans le bénévolat au profit de l'association.
Aussi lorsque l'on m'a proposé de prendre en charge cette fonction
lors de mon départ en retraite, j'ai tout de suite accepté
pour pouvoir participer à mon tour à la vie de cette communauté.
Et cela dure depuis trois ans...
Pour finir, quelles seraient pour vous
les principales qualités des centraliens ?
Je pense que les centraliens
sont des généralistes de haut niveau qui ont une bonne
capacité à utiliser leur savoir sur le terrain. Ils sont
particulièrement bien adaptés à la direction d'entreprise.
L'ingénieur centralien est aussi très bien adapté
au travail en équipe et il a une vraie volonté d'obtenir
des résultats concrets. Je crois que le centralien est une sorte
d'intégrateur local des compétences de terrain avec un
sens de l'humain particulièrement développé.
|
L'Association des Centraliens
|
| Site
Web |
|
| Date
de création |
1862
|
| Nombre
d'adhérents |
8 250
|
| Budget
2000 |
11 millions de francs
|
| Activités
|
Publication de l'annuaire
des anciens, édition du magazine "Centraliens",
service Carrière et emplois, organisation de rencontres
et d'événements
|
Propos recueillis
par Fabien Claire le 26 septembre
2001