Après un DUT génie électrique et électronique,
Didier Caucheteur a débuté sa carrière comme chef
de travaux chez Aventis. Il rejoint ensuite le secteur informatique
chez IBM France où il travaille à la mise au point de
grands systèmes d'information. En 1998, il commence son parcours
chez Dell
au sein du service hotline. Il y a un an, il décide de réorienter
sa carrière et intégre l'équipe commerciale de
Dell France où il supervise les choix d'une équipe d'une
trentaine de commerciaux.
Pourquoi avoir choisi de rejoindre une
équipe commerciale
?
D'abord, j'ai rejoint le pôle
à un moment où Dell avait décidé de faire
basculer l'ancienne équipe technico-commerciale vers des fonctions
purement commerciales. Cette redéfinition des postes a été
l'occasion d'introduire des éléments de rémunération
variable beaucoup plus importants. Les technico-commerciaux ne sont
plus simplement les experts techniques du service commercial mais aussi
des commerciaux opérationnels. Ce qui m'a motivé dans
ce choix, c'est une volonté d'approfondir mon contact avec le
client. Je souhaitais également pouvoir maîtriser des projets
dans leur intégralité.
Quel est votre travail quotidien ?
J'ai aujourd'hui un rôle
d'accompagnement du client dans la définition de son projet technique.
Mon rôle commence avec l'identification de ses besoins et va jusqu'à
la vente finale. Je travaille avec un commercial mais je maîtrise
la partie conception et définition du prix. Nous sommes évidemment
tous les deux intéressés par la conclusion finale de l'opération.
Dans certains cas, le client n'a-t-il
pas déjà identifié clairement son
besoin ?
Oui, cela arrive régulièrement.
Par exemple pour un client qui a déjà choisi dans notre
gamme le serveur qu'il souhaite acquérir. Dans ce cas mon rôle
est seulement de m'assurer de la bonne adéquation du besoin à
son choix d'équipement et de la faisabilité de cette option.
Il y a toujours au moins cette validation des commandes. Je travaille
ainsi avec une équipe de douze commerciaux comme support technique
dans le cadre de la vente.
Quels sont les différents types
d'interlocuteurs que vous êtes amené à rencontrer
chez vos clients ?
Il y a grosso modo trois types
d'interlocuteurs : des chefs de projets, des directeurs informatiques
et des acheteurs. Chacun d'entre eux a des problématiques très
différentes. Par exemple, l'acheteur sert souvent de relais aux
techniciens de son entreprise. On lui a déjà
défini les matériels à acheter. Il m'arrive d'ailleurs
de reprendre contact directement avec le responsable informatique à
l'origine de la demande initiale. Les directeurs informatiques raisonnent
plutôt, eux, en termes de projets. Il faut alors faire preuve
d'imagination dans le projet. Le but c'est d'être au plus proche
du besoin en termes de performance, de disponibilité et d'évolutivité
tout en respectant au mieux le budget fixé par le client.
Pensiez-vous depuis longtemps évoluer
ainsi vers des fonctions commerciales ?
L'idée m'est venue après
mon arrivée chez Dell, car ce qui m'intéressait, c'était
de pouvoir suivre l'intégralité des projets, chose que
permet le service commercial. Mais je souhaitais aussi ne pas perdre
mon contact avec la technique. Je m'étais également aperçu
en travaillant pour la hotline que la relation avec les clients m'intéressait
également beaucoup. Mon poste me permet de concilier parfaitement
ces objectifs.
Quelle a été la conséquence
de cette évolution sur votre salaire ?
Cela a été très
positif. La partie fixe de mon salaire est plus faible que dans mon
poste précédent mais la part variable est une récompense
directe des efforts et cette forme de rémunération compense
déjà plus que largement la baisse du fixe.
Y a-t-il eu des changements dans la
gestion de votre temps de travail ?
Non, pas vraiment, même
si j'ai peut-être des horaires plus souples qui me facilitent
la vie pour suivre les cours du Cnam. Pour le support technique hotline,
je dépendais strictement des heures d'ouverture et de fermeture
du service. Le seul critère pour le service commercial, c'est
d'assurer une grande réactivité vis à vis du client,
cela donne quand même plus de souplesse.
Et demain, vers quel poste souhaitez-vous
évoluer ?
J'ai envie de poursuivre dans
le milieu commercial, par exemple en tant qu'architecte de solutions,
ce que je fais déjà un peu. Je veux surtout garder des
contacts directs avec les clients.
Avez-vous reçu une formation
spécifique pour vous préparer à cette fonction
commerciale ?
J'ai suivi en interne des formations
essentiellement orientées vers les solutions techniques. Mais
j'avais déjà personnellement un goût pour le commerce.
Pour ne rien vous cacher, mes parents sont commerçants et plus
jeune, j'ai eu souvent l'occasion de travailler pour eux. Je ne pense
pas que le sens du commerce puisse s'apprendre. Il existe des techniques
pour devenir meilleur mais le fond me semble presque inné.
Quels sont les qualités indispensables
pour l'ingénieur qui souhaite évoluer vers un poste commercial
?
La première des qualités
qui me vient à l'esprit est l'honnêteté. Etre honnête
avec un client, c'est le meilleur moyen de préserver avec lui
un climat de confiance. Il faut aussi savoir communiquer correctement
sans trop subir le stress inhérent à la négociation
commerciale.
Pensez-vous que votre culture technique
d'origine vous avantage par rapport aux commerciaux qui ont fait le
chemin inverse ?
Chez Dell nous avons les deux
types de professionnels. Tout dépend de la personne et je ne
pense pas que nous puissions généraliser. Toutefois, je
dirais que, le cheminement du technique vers le commercial est plutôt
un avantage. Un technicien est par nature tout à fait à
l'aise sur les sujets pointus et il ne se sent pas obligé d'en
rajouter sans cesse pour montrer qu'il est à l'aise avec le sujet.
Le client sent très bien que l'on comprend les réponses
qu'on lui donne. Un brillant commercial diplômé d'une grande
école risque de ne pas maîtriser toutes les finesses technologiques
et cela risque fort de le déstabiliser dans sa démarche
commerciale.
Pensez-vous à l'inverse avoir
des handicaps en terme de culture commerciale ?
Franchement pas du tout, au moins
pour la négociation commerciale. Mais j'ai eu besoin d'apprendre
les rouages et le fonctionnement des services achat des entreprises.
L'organisation de tels services n'a rien à voir avec celle des
cellules techniques. J'ai eu un peu de mal à saisir toutes les
subtilités au départ, mais au bout de deux ans, ce n'est
plus un problème. J'ajouterais qu'il faut aussi être capable
de ne pas assommer son interlocuteur avec un jargon technique.
Pour finir, vous utilisez beaucoup Internet
personnellement?
Je l'utilise énormément
depuis 1991. Je fais à peu près tout ce qui est possible
de faire sur le web en dehors des achats en ligne.
Pour quelle raison ?
Je sais que ça sembler
bizarre pour un technicien, mais je connais bien les technologies utilisées
pour la sécurité en ligne et je ne pense pas qu'elles
soient aujourd'hui au rendez-vous. Mais j'ai tout de même déjà
effectué des achats de billets d'avion chez Air
France. J'aime bien également le contact commercial.
Vous avez des sites préférés
?
J'aime les sites du groupe Lycos,
notamment leur moteur de recherche Hotbot.
Propos recueillis
par Fabien Claire le 17 octobre
2001
Après
un baccalauréat F2 suivi d'un DUT génie électrique
et électronique, Didier Caucheteur commence sa carrière
chez Aventis comme chef de travaux au sein du service technique. Rapidement,
il rejoint IBM France où il travaille sur de la mise au point
sur de grands systèmes informatiques. Au bout de deux ans, il
entre chez Dell. Pendant un an, il travaille au service hotline puis
il rejoint l'équipe commerciale. Parallèlement, il a obtenu
l'an dernier un DEST en informatique et multimédia au Cnam. Il
poursuit actuellement au sein de cet établissement une formation
d'ingénieur en informatique réseau et systèmes
multimédia. Il finance cette formation personnellement qu'il
considère comme un "hobby".