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La Normale Sup' du jeu et du multimedia,
l'école référence du secteur, c'est ce que
veulent créer les initiateurs de l'Ecole nationale du jeu
et des médias interactifs implantée à Angoulême. Un projet qui vient à
point nommé pour le secteur, mais dont l'ambition pourrait
bien vexer les écoles privées déjà
en place, l'Ecole des Gobelins et Supinfogame à Valenciennes.
Jean-Claude Larue, délégué
général du Sell, le Syndicat de éditeurs
de logiciels de loisirs, et futur président de la nouvelle
Ecole estime qu'elle va répondre parfaitement aux besoins
du marché : "Cette Ecole va former des managers de haut
niveau, les chefs de projets dont le secteur manque cruellement.
Jusqu'ici, beaucoup se formaient sur le tas. Mais aujourd'hui
les budgets sont devenus très importants, ils représentent
de 10 à 15 millions d'euros et il faut des gens capable
de les gérer".
L'idée
de la création d'une école est partie d'un groupe
d'industriels du secteur, il y a un an lors du Milia (Forum international
des contenus interactifs pour la télévision, l'Internet
haut débit et la communication mobile). Quelques mois après,
Jean-Pierre Raffarin chargeait deux rapporteurs, Fabrice Fries
et le professeur Michel Averous, de rédiger un rapport
sur l'industrie du jeu vidéo pour le premier, et une étude
sur la création d'une école du jeu et du multimedia
pour le second.
Dans la continuité, des aides au financement
ont été mises en place (un fonds de production de
30 à 50 millions d'euros, le fonds d'aide à l'édition
multimedia de 4 millions et le RIAM, Réseau pour l'innovation
dans l'audiovisuel et le multimedia, dédié à
la recherche) et la création de l'Ecole nationale du jeu et
des médias intéractifs décidée.
L'école,
publique, qui ouvrira ses portes en septembre 2005, proposera
un cursus de deux ans et devrait délivrer un titre d'ingénieur
(le verdict de la Commission du titre est prévu pour juin
2004). Elle s'adresse à des étudiants de niveau
Bac +3 minimum ou à des professionnels en quête de formation.
Rattachée à l'Université de Poitiers, les
cours de l'Ecole seront dispensés pour partie par les professeurs
des universités partenaires (Poitiers, La Rochelle, Pôle
Image d'Angoulême), du Cnam et par des professionnels. "Nous prévoyons aussi des cours d'excellence avec des stars internationales du métier. Nous sommes en
contact avec Yoshitaka Amano, le créateur des personnages
de Final Fantasy", se passionne Jean-Claude Larue.
Selon le délégué
général du Sell, les débouchés sont
variés. Infogrames, Ubisoft et Vivendi Universal Games,
les trois grands éditeurs français n'absorberont
évidemment pas à eux seuls les trente diplômés.
"Ils se dirigeront vers les opérateurs télécoms,
la télévision interactive et numérique.
La demande est bien là." En guise de transition,
en attendant la première rentrée 2005, le DESS jeu
vidéo et médias interactifs qui existait déjà
depuis quatre ans, va être transformé en un Master
de deux ans, en ingénierie, création artistique
et management. Les inscriptions sont d'ailleurs ouvertes jusqu'au
début avril pour les étudiants titulaires d'un diplôme
Bac+3 et Bac+4 ou de professionnels justifiant du niveau requis
pour entrer soit en première année, soit directement
en deuxième année de Master.
[Philippine
Arnal, EmploiCenter]
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