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Pourquoi
les contribuables américains payeraient-ils pour des sociétés
qui partent se développer et embaucher à l'étranger ? Voilà
l'idée directrice du projet "pour la défense de l'emploi étasunien"
rédigé par un congressiste indépendant Bernard Sanders, soutenu
par cinquante autres compatriotes républicains et démocrates confondus.
Couper les vivres aux sociétés
coupables de délocalisation
La délocalisation des emplois est décidément
le sujet favori des politiques américains en ces temps de campagne électorales.
Prenant le contre-pied des propositions émises début janvier par
le Computer Systems Policy Project (voir l'article),
et qui prônait l'ouverture des frontières commerciales, Bernard Sanders
et ses partisans congressistes plaident pour l'argument inverse. Ils s'apprêtent
à présenter un projet de loi visant à confisquer toute aide
financière gouvernementale aux sociétés américaines
qui délocalisent.
Le
texte exigerait qu'un demandeur de prêt précise le nombre d'employés
aux Etats-Unis et à l'étranger ainsi que l'échelle générale
des salaires. S'il est constaté que le nombre d'ouvriers à l'étranger
augmente et que celui des ouvriers américains baisse, le prêt ou
la subvention sera annulé.
Par
ce projet de loi, Bernard Sanders vise la U.S. Export-Import Bank (Ex-Im) qu'il
accuse de financer la délocalisation de certaines sociétés.
Sans préciser les dates de ces évènements, il cite Motorola
qui aurait reçu 190 millions de dollars pour soutenir un projet en Chine,
alors que dans le même temps, elle licenciait 42 900 travailleurs aux Etats-Unis.
General Electrics auraient également reçu 2,5 milliards de dollars
pour financer son expansion en Chine… et licencier 260 000 salariés
étasuniens. Les sociétés les plus ciblés par le texte
sont celles du secteurs IT et des télécommunications, dont Lucent
Technologies et IBM.
L'Association américaine du
secteur de l'électronique a en effet annoncé que
l'emploi dans les activités technologiques a chuté
de 4% en 2003, à un niveau jamais vu depuis 1999... la
responsabilité étant immédiatement attribuée
aux sociétés qui délocalisent à l'étranger,
et en particulier en Asie.
Des arguments imprécis mais non contestés
Du côté des accusés,
les porte-parole de General Electric et Motorola ont rappelé que leurs
compagnies avaient créé de plusieurs dizaines (pour GE) à
plusieurs centaines de milliers d'emplois aux Etats-Unis… mais se sont refusés
à commenter les déclarations du congressiste.
La Banque Ex-Im pour sa part, a joué
sur les mots, niant avoir financé l'expansion à l'étranger
d'une société ou d'une autre… son but étant de financer
les activités d'exportation.
A l'approche des élections présidentielles,
le sujet s'envenime et l'enjeu se révèle plus politique que social.
En janvier, le Président Bush a signé une loi interdisant plusieurs
entités gouvernementales de signer des contrats avec des sociétés
non-américaines. Or de l'autre côté, dans l'équipe
de John Kerry qui a fait de la défense de l'emploi l'un des thèmes
principaux de sa campagne, se trouve un ex-directeur de la Banque Ex-Im, Max Cleland.
[Philippine
Arnal, EmploiCenter]
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