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Roger Mohr
Directeur
ENSIMAG
"Plus de 20% de nos diplômés
sont employés dans le secteur bancaire et des assurances"
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EmploiCenter. Comment
est née l'Ecole nationale supérieure d'informatique et de
mathématiques appliquées de Grenoble ?
Roger Mohr.
Il faut remonter aux années cinquante, quand Jean Kuntzman a découvert
que l'on pouvait faire des calculs utiles ! Il a créé une
section d'électrotechnique en 1960 qui s'est développée
et a donné ensuite une école d'ingénieurs de renom.
Au début orientée vers le calcul numérique, l'ENSIMAG
est devenue une école à dominante informatique avec une
forte coloration en mathématiques appliquées.
Par ailleurs, en plus de faire partie de l'INP, l'Institut National Polytechnique
qui regroupe plusieurs formations universitaires du supérieur, l'ENSIMAG
s'intègre à Grenoble dans un contexte et un pôle informatique
conséquent.
Quelles
sont les spécialités que les étudiants peuvent choisir
en troisième année ?
Nous proposons deux grandes filières au choix, l'ingénierie
et la recherche appliquée, qui se divisent elles-mêmes en
plusieurs matières. En ingénierie, les spécialités
sont : ingénierie financière, modélisation calcul
et simulation, logistique optimisation et systèmes d'information,
imagerie et réalité virtuelle, sécurité des
systèmes et cryptologie, télécoms, bio-informatique,
systèmes distribués réseaux et ingénierie
logicielle.
En recherche appliquée ce sont : l'imagerie, vision et robotique,
mathématiques appliquées, recherche opérationnelle
et combinatoire, informatique, systèmes et communication.
Avez-vous
des partenariats avec d'autres écoles ou universités ?
Oui, car nous devons compenser un taux d'encadrement qui n'est que de
54% ; ce que je ne cesse de déplorer. Ainsi toutes les matières
de recherche appliquées et la plupart de celles de la filière
ingénierie se déroulent en partenariat avec l'université
Joseph Fourié à Grenoble. Les cours d'ingénierie
financière sont menés avec l'Ecole supérieure des
affaires, et le département télécommunications avec
l'ENSERG (Ecole nationale supérieure d'électronique et de
radio électricité de Grenoble).
Et
avec les entreprises ?
Nous faisons intervenir en cours des professionnels, actuellement ils
viennent de chez HP, Bull et Cap Gemini.
En revanche, nous ne formons pas nos étudiants et nous ne créons
pas de spécialité en fonction des prévisions d'embauches
des sociétés. C'est une démarche qui implique une
vision beaucoup trop courte. Avec les entreprises, nous menons plutôt
une réflexion sur l'évolution des métiers.
Quelle
part consacrez-vous aux enseignement de management et d'économie
d'entreprise ?
En première année, une semaine de cours est bloquée
sur ce sujet. Des professionnels viennent animer des simulations de gestion
d'entreprise, les étudiants apprennent à gérer des
personnes, à prendre des décisions, à analyser des
bilans comptables.
Ensuite en deuxième année, les étudiants doivent
mener deux projets : le mois de janvier est consacré à un
projet de génie logiciel ; et un autre, à mener tout le
long de l'année par groupes de trois, et qui se termine par une
soutenance.
Quelles
sont les spécialités les plus prisées par les étudiants
et les entreprises ?
L'ingénierie financière est celle qui a le plus de succès.
D'ailleurs plus de 20% de nos diplômés sont embauchés
dans le secteur bancaire et des assurances. Viennent ensuite les spécialités
d'ingénierie du logiciel et les systèmes distribués
et réseaux.
Utilisez-vous
le e-learning dans votre école, et qu'en pensez-vous ?
Seulement 10% de nos enseignements sont disponibles sur Internet. C'est
un mode de formation qui permet d'avoir un meilleur rendement à
terme. Mais pour l'instant, nous n'avons pas le temps de le développer
plus et j'ai des priorités beaucoup plus importantes.
Quelle
importance portez-vous à l'international ?
48% de nos étudiants partent à l'étranger au cours
de leur scolarité, soit dans le cadre d'un stage, soit pour obtenir
un double diplôme. Notre objectif est d'augmenter cette proportion,
non pas pour les inciter à partir travailler à l'étranger,
et ils sont très peu dans ce cas ; mais parce que cette démarche
contribue de manière évidente à leur ouverture d'esprit.
L'Ecole
a-t-elle une vie associative ?
Oui. Les associations sont nombreuses et l'Ecole est un lieu d'accueil
privilégié puisqu'elle est ouverte jusqu'à 22h. Je
considère les associations comme essentielles dans la vie de l'Ecole.
La formation que l'on donne aux étudiants est technique, et même
si nous essayons de la compléter par des matières de sciences
humaines, cela ne suffit pas à apprendre à se débrouiller,
à connaître la vie sociale et en entreprise.
Agrégé
de mathématique à l'ENS de Cachan, Roger Mohr débute
sa carrière dans l'enseignement à l'IUT de Nancy.
En 1972, il se reconverti dans l'informatique, discipline encore naissante,
et rédige une thèse. Il devient ensuite professeur à
l'Université de Nancy, puis à l'Ecole des Mines de Nancy.
En 1988 il est muté à l'ENSIMAG où il crée
une équipe de vision par ordinateur.
En 1999 il prend la direction du laboratoire de recherche français
de Xerox Research Europe.
En 2002, il retourne à l'Institut National Polytechnique de Grenoble
en 2002 pour prendre la direction du laboratoire Gravir.
Et depuis septembre 2003, à 56 ans, il est directeur de l'ENSIMAG.
Propos recueillis
par Philippine Arnal, le 10 février
2004
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