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Emploi center > Publication
Le 25 novembre 2009

Lundi 12 janvier 2004

Devant la menace de l'offshore sur l'emploi US, un rapport prône de laisser jouer la libre concurrence

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Le Computer Systems Policy Project ou CSPP, qui regroupe les dirigeants des plus grandes sociétés informatiques américaines (comme Dell, IBM, Hewlett-Packard, Unisys, Motorola ou EMC), a présenté mercredi 7 janvier un ensemble de recommandations à destination des législateurs du Congrès américain, dans un rapport qui appuie sur la nécessité de maintenir grandes ouvertes les frontières commerciales pour conserver la compétitivité des entreprises locales.

Ceci intervient alors que le Congrès avait exprimé son inquiétude sur la chute de l'emploi high-tech aux Etats-Unis au profit de travailleurs "offshore". Le CSPP cherche donc à identifier les mécanismes qui pourraient sauvegarder ses emplois... tout en rassemblant des fournisseurs qui, pour certains d'entre eux,
délocalisent justement leur activité en Orient et suppriment des emplois aux Etats-Unis...

Libéralisme à outrance
Partant du constat que les Etats-Unis ont tendance à prendre des mesures protectionnistes pour se protéger du ralentissement économique, le rapport suggère que "toute barrière au commerce établie par les Etats-Unis est une atteinte à la concurrence globale et peut mener nos partenaires commerciaux à répliquer par des mesures de rétorsions et même par une guerre commerciale. Ceci ne peut que freiner l'économie générale et réduire le volume de l'emploi national".

Le CSPP ajoute également dans son document que la forte pression sur les prix contraint les sociétés high tech à délocaliser "pour rester au plus près de la demande des clients et être ainsi capable de répondre à leurs attentes 24 heures sur 24".
Et c'est bien sur ce dernier point que le bât blesse. Si l'avantage concurrentiel sur les prix est reconnu par tous, il ne suffit pas à masquer un inconvénient déterminant de la sous-traitance à l'étranger : le décalage culturel et linguistique, qui peut conduire, tôt ou tard, à des incompréhensions vis à vis des clients, engendrant un impact négatif sur la qualité des produits et des services, et à terme sur l'image même de la marque.

C'est ce qui s'est passé pour Dell. A la suite de nombreuses plaintes de clients sur la mauvaise qualité de l'accueil et des services fournis par les centres de support implantés en Inde, le constructeur a décidé, en novembre 2003, d'en rapatrier deux d'entre eux aux Etats-Unis ; remettant ainsi en cause la démarche de délocalisation que son président continue de défendre au travers du "policy project".

Délocalisation croisée
Mais le rapport du CSPP ne se contente pas de promouvoir la libre concurrence ; il incite le gourvernement à mieux éduquer et former les travailleurs américains… pour qu'il soit possible sans difficulté de trouver sur le territoire américain les compétences recherchées en Inde ou en Chine. Un argument qui oublie curieusement le fait que la délocalisation est avant tout liée à une logique de réduction de coûts grâce aux salaires moins élevés de la main d'oeuvre.

"Un grand nombre de travailleurs dans les pays et les sociétés étrangères sont très qualifiés, ce qui constitue un challenge" peut-on lire. "les américains qui pensent que les travailleurs étrangers sont beaucoup moins compétents, qualifiés et créatifs que ceux des Etats-Unis se trompent ". D'où la nécessité de relever le défi.

Joseph Crowley, dirigeant d'une délégation du Congrès chargé d'évaluer le niveau de l'industrie high-tech indienne, cité par News.com, rejoint le point de vue de la CSPP : il suggère une sorte de délocalisation croisée des flux de personnel entre les entreprises américaines et indiennes, ceci pour combler le marché de l'emploi des deux côtés.
Partant du principe que les sociétés étasuniennes continueront à venir en Inde pour y trouver du personnel bon marché, il propose de faciliter l'implantation d'entreprises indiennes souhaitant se développer aux Etats-Unis, et qui, par conséquent embaucheront des américains. L'équilibre serait donc rétabli !

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Et pendant ce temps, la liste des sociétés qui délocalisent s'allonge : AOL est parti embaucher des programmeurs au Bangalore (Inde) après avoir licencié 450 développeurs en Californie ; IBM a annoncé la création de plusieurs milliers d'emploi outre-mer avec en ligne de mire une désagréable contre-partie pour les salariés américains ; EarthLink vient d'annoncer 1 300 licenciements et l'externalisation de ses activités vers des sociétés nationales et étrangères… et s'ajoutent aussi Hewlett-Packard, Oracle, Google et Yahoo qui font déjà des promesses au continent indien.

[Philippine Arnal, EmploiCenter]

 
 

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