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La loi du
moindre coût valorise assurément les professionnels
high tech des pays en voie de développement.(Inde, Philippines,
Chine…), mais dans nos pays développés, elle
a plutôt tendance à les pousser vers le chômage
ou au mieux vers la remise en cause de leur carrière.
Plus question d'avoir une spécialité bien définie
pour se valoriser dans une entreprise : le mot d'ordre aujourd'hui
est "polyvalence".
Les informaticiens ne peuvent plus se permettre d'avoir un profil
statique et une spécialité bien définie,
ils doivent actualiser leurs connaissances, s'adapter au rythme
de l'évolution des technologies… et des restructurations
d'entreprises. Mais malgré toute adaptation, la profession
la plus menacée est celle des programmeurs.
Etre polyvalent pour survivre au changement
"Etre
opportuniste" ou littéralement "versatile",
c'est le conseil de Diane Morello, une analyste du cabinet d'études
Gartner Group pour garder son poste et éviter de se retrouver
sur un siège éjectable… Selon elle, les mieux
placés pour s'adapter rapidement aux changements sont les
analystes d'affaires, les chefs de projets, les ingénieurs
spécialisés dans les processus, les concepteurs
de solutions, les commerciaux et les acheteurs. Travaillant directement
avec les sous-traitants et leurs équipes fonctionnelles
et techniques, ils se trouvent à la croisée des
chemins d'un ensemble d'acteurs et de technologies, et suivent
naturellement ou par force le mouvement. En revanche, Diane Morello
précise que la fonction ne suffit pas et qu'il faut aussi
faire preuve d'un certain sens commercial et posséder un
bon bagage d'expériences pour pouvoir conserver son poste...
Dure sélection en prespective.
Les
managers à l'honneur
Toujours selon Gartner Group, les entreprises américaines
qui externalisent la fonction informatique recherchent des compétences
très spécifiques. Mais là encore priorité
aux profils de managers, notamment dans la gestion de l'information,
l'organisation globale de l'entreprise, la gestion commerciale
et des contrats, la gestion des processus d'intégration
et la planification stratégique. Les analystes financiers
spécialisés dans le secteur IT, les ingénieurs
en processus d'affaires et les concepteurs de solutions conservent
aussi la côte des recruteurs.
En résumé, le profil idéal du professionnel
IT capable de rester et de faire carrière dans une entreprise
qui externalise, est celui d'un véritable "scout"
: spécialiste en tout, doué d'un sens commercial
et capable d'initiatives… Mauvaises perspectives pour ceux
qui misaient sur leur seule spécialité !
La fin
des programmeurs ?
Parmi les professionnels les plus touchés par l'externalisation,
les programmeurs et les techniciens des centres d'appels sont
en première ligne.
Selon le président et DSI de la société américaine
E5 Systems (sous-traitant de métier) - présent à
la Computer Digital Expo de Las Vegas ce mois de novembre -, les
tâches informatiques externalisées représenteraient
8% de l'activité et elles passeraient à 55% dans
cinq ans. De source plus fiable, Forrester Research prévoit
que 136 milliards de dollars, soit 3,3 millions d'emplois américains
seront délocalisés à l'étranger d'ici
15 ans. "Les gens qui travaillent dans le secteur IT doivent
réinventer leur métier et tirer avantages de ce
grand changement", lance le président d'E5 Systems
dans un article du site Earthweb.com.
En clair,
le métier de programmeur est en danger, comme tous les
métiers informatiques liés directement à
l'évolution des technologies logicielles. "Historiquement,
l'externalisation est un prélude à la mécanisation.
Il n'y a qu'à regarder le secteur de l'industrie, raisonne
un programmeur de chez Microsoft cité par InformationWeek.
Je pense que de toute manière, les métiers du logiciel
seront un jour ou l'autre totalement mécanisés"…
et par conséquent qu'ils vont tôt ou tard disparaître.
Former de nouveaux programmeurs dans nos pays développés
serait donc une cause perdue ?
En tout cas,
sur le court terme, les professionnels du secteur IT s'accordent
sur le fait que dans tous les métiers IT, se former et
actualiser en permanence ses compétences est la principale
solution pour se distinguer et trouver un travail.
[Philippine
Arnal, EmploiCenter]
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