|
Une étude du Gartner Ggroup conclut
que 10% des postes du secteur des services informatiques aux Etats-Unis
seront délocalisés d'ici fin 2004, principalement
vers des pays éloignés à bas-coûts
salariaux : l'Inde et la Russie en particulier.
Face à la déprime du marché informatique,
les prestataires du secteur privilégient la réduction
de leurs coûts et la délocalisation lointaine offre
des perspectives particulièrement importantes sur ce point.
C Srinivasan, directeur de la structure
indienne du groupe EDS, évoquait dans Business Week "une
réduction de coût supérieure à 60%
pour une entreprise américaine grâce à la
délocalisation des développements logiciels vers
l'Inde. IBM emploie déjà 5.400 développeurs
en Inde et EDS dispose d'implantations offshore en Nouvelle-Zelande,
en Inde, en Egypte et en Pologne.
Mais l'étude publiée pas Gartner
va plus loin et estime que le phénomène devrait s'étendre
au-delà des seuls métiers du développement
logiciel : 5% des postes informatiques de l'ensemble de l'industrie
américaine pourraient faire l'objet d'une telle délocalisation.
Face à cette hémorragie
annoncée, la résistance américaine commence
à s'organiser. Début juin, le Congrès a commencé
à travailler sur un projet de loi visant d'abord
à stopper le recours à une main-d'oeuvre immigrée
dans les entreprises high-tech américaine. La dérogation
permettant aux informaticiens de travailler avec un simple visa
touristique sera supprimée. Les parlementaires ont également
envisagé plusieurs mesures complémentaires comme
par exemple l'obligation pour les grands groupes du secteur de
l'assurance de déclarer le nombre de professionnels high-tech
qu'elles emploient à l'extérieur des Etats-Unis.
La perspective inquiète les professionnels
indiens spécialisés dans la fourniture de services
informatiques offshore, organisés au sein de l'association
indienne Nasscom. Les Etats-Unis représentent à
eux seuls 70% des exportations de services dans le domaine du
logiciel pour un chiffre d'affaires d'environ 6,75 milliards de
dollars. Les professionnels indiens du secteur en appellent au
respect des règles du libre-échange pour lutter
contre les risques de mise en place de barrières protectionnistes.
Une autre forme de délocalisation
se développe également outre-Atlantique et commence
à apparaître en France: la délocallisation
nearshore, qui consiste à délocaliser cette fois
vers des pays proches disposant de coûts du travail moins-élevés.
Pour les entreprises américaines les principaux pays cibles
sont le Brésil, le Mexique et le Canada. En Europe, l'Espagne
et l'Irlande sont des pays souvent choisis pour ces délocalisations
de proximité. Principal avantage de la formule : pas de
décalage horaire. Beaucoup plus facile à gérer
socialement pour l'entreprise, cette délocalisation nearshore
permet de réaliser des économies salariales et logistiques
non-négligeables.
[Fabien
Claire, EmploiCenter]
|