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La crise du
secteur informatique pourrait-elle profiter aux zones rurales
? L'hypothèse n'est pas à exclure si l'on en juge
par la montée en puissance des délocalisations de
type "near-shore" que commencent à organiser
les plus grandes sociétés de services informatiques.
Une autre façon de réduire les coûts et d'augmenter
la compétitivité pour des entreprises placées
sur un marché tendu.
Sans remettre en cause totalement le recours à la production
offshore, en particulier pour la production de lignes de code,
les SSII expérimentent cette nouvelle formule de délocalisation
de proximité.
Cap Gemini Ernst & Young a par exemple implanté une
équipe maintenance et développement de 120 collaborateurs
à Clermont-Ferrand. Cette antenne pourrait passer à
300 salariés d'ici trois ans. D'autres sites ont été
choisis par le groupe à Lille et Toulouse. Cap Gemini Ernst
& Young espère convaincre 2 000 ingénieurs
de quitter Paris pour la province à l'horizon 2008.
CGEY estime à 20 %, au moins,
le gain réalisé grâce aux équipes localisées
à Clermont Ferrand. Les locaux moins chers, la réduction
des temps de transport et les primes offertes par les collectivités
locales pour favoriser ces implantations confortent ce différentiel.
Le Conseil régional d'Auvergne offre ainsi une prime de
3 000 euros pour chacun des emplois créés.
GFI
Informatique expérimente également la formule avec
la mise en place d'un centre de développement et de maintenance
à Lille, dont les 35 collaborateurs sont dédiés
au seul client BNP-Paribas. "Une délocalisation offshore
est complexe à organiser pour une SSII, explique François
Dufaux, président du Syntec informatique, lui-même
à la tête de SchlumbergerSema. Avec la délocalisation
de proximité de type near-shore, les choses sont en revanche
plus simples."
Cette délocalisation de proximité
ne se limite pas aux seules régions et peut se faire au
plan européen. Un mécanisme qui devrait avantager
les pays situés au Sud de l'Europe. Le
différentiel de coût pour le client final se situe,
par exemple, entre 40 % et 60 % au profit de la France
pour un consultant informatique situé en région
parisienne par rapport au même profil employé à
Londres.
Le
groupe Teamlog a choisi, lui, Barcelone pour implanter un centre
de support systèmes et réseaux d'une cinquantaine
de personnes. L'Espagne offre à la fois des niveaux de
salaires et de charges sociales très compétitifs.
La réglementation du travail particulièrement souple,
facilite également la mise en place de roulements d'équipes
de permanence 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, le tout
sans décalage horaire.
Même s'il ne met pas fin aux
véritables délocalisations offshore stricto-sensu,
le mouvement du near-shore pourrait bien jouer un rôle positif
dans le développement des activités technologiques
au profit des zones jugées traditionnellement en retard
dans ces domaines. Rentables sur le plan économique, ces
délocalisations sont également plus souples à
gérer et particulièrement adaptées aux activités
de support client et de maintenance.
[Fabien
Claire, EmploiCenter]
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