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Les universités de Toulouse et
de Bengalore, la ville indienne de l'espace et de l'air, sont sur
le point de donner naissance ensemble à une université
virtuelle d'un genre particulier : un troisième cycle de
recherche consacré aux mathématiques appliquées.
"Pourquoi ne pas créer une université virtuelle
franco-indienne?" Cette idée lancée à
la volée fin 1999 par le ministre de l'Education nationale
de l'époque, Claude Allègre, au cours d'un voyage
en Inde, n'est pas restée lettre-morte. Les directeurs de
l'Insa de Toulouse et de l'université Paul Sabatier, présents
lors de ce voyage, saisissent la balle au bond et commencent à
travailler sur cet embryon de projet.
Finalement, les partenaires arrêtent
un premier projet: baptisé e-m@ths, il s'agit d'un enseignement
à distance sur les mathématiques appliquées,
commun à l'Insa de Toulouse et l'Université Paul
Sabatier d'une part, et l'Indian Institute of Science de Bengalore
d'autre part. Après trois années de travaux sur
le projet, e-m@ths a pris corps avec la réalisation en
cours de premiers modules d'enseignement.
Le premier s'intitule Contrôle
et Homogénéisation et le second Combustion et Ondes
de choc. Ces deux modules seront disponibles pour les étudiants
d'école doctorale des partenaires à partir de la
prochaine rentrée universitaire. A terme, 24 modules de
vingt heures chacun devraient être disponibles dans le cadre
d'e-m@th pour les étudiants de troisième cycle.
La moitié des cours sont dispensés
par des enseignants indiens et l'autre moitié par des professeurs
toulousains. Les cours prennent la forme de conférences
filmées, avec en parallèle la diffusion des transparents
du cours "Nous avons préféré cette formule
simple à des modules interactifs, explique Jean-Yves Plantec,
prestataire d'assistance technique de ce projet dont il fut l'un
des porteurs. Les cours dépendent
d'une connaissance en constante évolution et nous ne voulions
pas investir des sommes considérables pour des enseignements
obsolètes après un ou deux ans."
La richesse du dispositif est de
permettre aux étudiants de travailler en simultané
avec deux viviers d'enseignants chercheurs très éloignés
sur le plan culturel. La transmission des cours se fait principalement
en direct grâce à une liaison satellitaire spécifique.
E-m@ths dispose d'un partenariat avec le Cnes.
Mais il ne s'agit là que de
la "première pierre" de l'université virtuelle
franco-indienne imaginée par Claude Allègre. Les
décideurs et responsables politiques indiens ont récemment
proposé à leurs partenaires français la mise
en place de nouvelles disciplines pour cet embryon d'université
dans les secteurs de la télémédecine, du
design industriel et des TIC. Les politiques français doivent
maintenant décider ou non de poursuivre l'aventure en profitant
des contraintes techniques, administratives, organisationnelles
et juridique déjà aplanies par e-m@ths. 3,5 millions
de francs ont été investis ce jour dans le projet.
[Fabien
Claire, EmploiCenter]
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