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Emploi center > Publication
Le 24 novembre 2009

Nathalie Choux
DRH
Micropole-Univers
"
Nous n'avons pas l'intention de revenir sur notre accord 35 heures..."

A la tête de la direction des ressources humaines de Micropole-Univers (700 salariés), Nathalie Choux fait le bilan de l'application de la loi sur la réduction du temps de travail au sein de la SSII. Elle ne saisira pas la possibilité de réforme du dispositif que le gouvernement entend favoriser. Pourquoi ? Explications..
Propos recueillis par Fabien Claire, le 23 septembre 2002

EmploiCenter. A quelle date êtes-vous passés aux 35 heures chez Micropole-Univers ?
Nathalie Choux.
Notre situation est un peu particulière car Micropole, qui avait déjà négocié son accord 35 heures, s'est rapproché il y a un peu plus d'un an du groupe Univers Informatique qui disposait, lui aussi, de son propre accord. Suite à cette opération nous avons dû remettre les choses à plat pour obtenir une situation homogène dans l'ensemble du groupe.

Vous avez donc mis en place un nouvel accord d'entreprise ?
Ce n'est pas un accord d'entreprise tel que prévu par la loi car nous avons voulu faire au plus simple et nous n'avons pas cherché à obtenir les aides de l'Etat. Nous avons donc négocié directement avec les représentants du personnel de chaque entité et le nouvel accord a été signé au cours de l'été. Il s'agit en fait d'une adaptation de l'accord Syntec.

En quoi consiste le dispositif ?

Dossier 35 Heures

Nous avons distingué quatre populations dans l'entreprise : d'abord les managers qui sont les deux fondateurs et mandataires sociaux pour lesquels il n'y a aucune référence horaire. Nous avons ensuite les cadres autonomes qui disposent de fonctions de direction de département ou de chef de service. Pour eux, l'accord prévoit 217 jours de travail par an, sans référence horaire. La population la plus importante est celle des cadres en charge de la réalisation de missions. Pour eux, l'accord prévoit un temps de travail hebdomadaire de 35 heures plus 10 % soit 38h30 par semaine sur la base de 215 jours de travail dans l'année. Le nombre de jours de RTT dépend ensuite du calendrier des jours fériés pour chaque année. Pour 2002 et 2003 cela correspond à 11 jours. Sur ces onze jours, quatre sont attribués au choix de l'employeur, ce qui n'est pas toujours évident à gérer sur le plan administratif..

Et pour les salariés non-cadres ?
Ils ont la possibilité de choisir entre 35 heures hebdomadaires ou 37 heures plus 12 jours de RTT sans jours imposés.

Le gouvernement vient de présenter son projet de réforme des 35 heures. Quelles sont aujourd'hui vos intentions sur ce point ?
Franchement, nous ne souhaitons pas aujourd'hui faire évoluer ce dispositif. Il faut nous laisser du recul pour voir si notre nouveau dispositif nous permet ou non de répondre au mieux aux besoins de nos clients. De notre point de vue, c'est la seule chose qui compte.

Pourtant la plupart de vos confrères critiquent depuis longtemps le passage aux 35 heures et semblent vouloir profiter au plus vite des possibilités de réforme. Pourquoi ce décalage ?
Bien sûr, le passage aux 35 heures nous a posé beaucoup de difficultés car, en laissant le champ libre malgré un cadre général exigeant, le gouvernement a obligé chaque branche et chaque entreprise à concevoir des accords différents et complexes pour les adapter aux contraintes de chacun. Cela aboutit à la coexistence de régimes qui n'ont souvent rien à voir d'une entreprise à l'autre.

Quels dispositifs avez-vous prévus pour suivre l'application du nouvel accord ?
Nous avons planifié une révision annuelle avec les délégués du personnel. Nous verrons quels sont les éventuels aménagements nécessaires à l'issue de cet échange. Mais la situation actuelle me semble plutôt satisfaisante pour nos équipes. Nous avons accordé davantage de RTT chez Micropole-Univers
que dans l'accord Syntec et nous avons prévu quelques éléments d'assouplissement comme la possibilité de reporter les RTT non-pris sur une durée de trois mois l'année suivante. Nous permettons également aux jeunes recrues de prendre leurs RTT par anticipation, etc...

Que pensez-vous, à titre personnel de la loi sur les 35 heures ?
A mon avis, l'une des conséquences indirectes de la loi a été d'entraîner une disparité excessive entre les entreprises en terme de temps de travail. Il n'y a plus d'acquis social sur ce plan car le dispositif de RTT est lié à votre contrat de travail. Lorsque vous quittez l'entreprise, vous perdez ce cadre et rentrez dans un nouvel accord.

Mais justement, l'accord 35 heures ne devient-il pas alors un élément important lors de la négociation d'embauche ?
C'est exact et cela nous a plutôt servi lorsque nous étions confrontés à la pénurie d'informaticiens sur le marché. Comme nous ne pouvions pas mettre en avant les avantages classiques des grands groupes, comme un important comité d'entreprise par exemple, notre accord est devenu un atout lors de l'embauche.

L'accord 35 heures a-t-il permis un développement du dialogue social dans l'entreprise ?
Non, la RTT ne nous a rien apporté sur ce plan car nous avions déjà un climat de dialogue important au sein du groupe. Parallèlement à ce nouvel accord, nous avons mis en place un pacte social pour la nouvelle configuration Micropole-Univers, mais il s'agit d'une initiative indépendante du passage aux 35 heures.

Nathalie Choux, 36 ans, est titulaire d'un magistère en sciences sociales. Elle a débuté sa carrière chez Peugeot avant de rejoindre le cabinet de recrutement Egor comme consultante. Entrée chez Micropole début 1997 en tant que responsable de recrutement, elle dirige depuis 1999 la direction des Ressources humaines.


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