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Nathalie Choux
DRH
Micropole-Univers
"Nous
n'avons pas l'intention de revenir sur notre accord 35 heures..."
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A la tête de la direction des ressources humaines de Micropole-Univers
(700 salariés), Nathalie Choux fait le bilan de l'application de la loi
sur la réduction du temps de travail au sein de la SSII. Elle ne saisira
pas la possibilité de réforme du dispositif que le gouvernement entend
favoriser. Pourquoi ? Explications..
Propos recueillis par Fabien
Claire, le 23 septembre 2002
EmploiCenter. A quelle
date êtes-vous passés aux 35 heures chez Micropole-Univers ?
Nathalie Choux. Notre situation est un peu particulière car Micropole,
qui avait déjà négocié son accord 35 heures, s'est rapproché il y a un
peu plus d'un an du groupe Univers Informatique qui disposait, lui aussi,
de son propre accord. Suite à cette opération nous avons dû remettre les
choses à plat pour obtenir une situation homogène dans l'ensemble du groupe.
Vous avez donc
mis en place un nouvel accord d'entreprise ?
Ce n'est pas un accord d'entreprise tel que prévu par la loi car nous
avons voulu faire au plus simple et nous n'avons pas cherché à obtenir
les aides de l'Etat. Nous avons donc négocié directement avec les représentants
du personnel de chaque entité et le nouvel accord a été signé au cours
de l'été. Il s'agit en fait d'une adaptation de l'accord Syntec.
En quoi consiste
le dispositif ?
Nous avons distingué quatre populations dans
l'entreprise : d'abord les managers qui sont les deux fondateurs et mandataires
sociaux pour lesquels il n'y a aucune référence horaire. Nous avons ensuite
les cadres autonomes qui disposent de fonctions de direction de département
ou de chef de service. Pour eux, l'accord prévoit 217 jours de travail
par an, sans référence horaire. La population la plus importante est celle
des cadres en charge de la réalisation de missions. Pour eux, l'accord
prévoit un temps de travail hebdomadaire de 35 heures plus 10 % soit 38h30
par semaine sur la base de 215 jours de travail dans l'année. Le nombre
de jours de RTT dépend ensuite du calendrier des jours fériés pour chaque
année. Pour 2002 et 2003 cela correspond à 11 jours. Sur ces onze jours,
quatre sont attribués au choix de l'employeur, ce qui n'est pas toujours
évident à gérer sur le plan administratif..
Et pour les salariés
non-cadres ?
Ils ont la possibilité de choisir entre 35 heures hebdomadaires ou 37
heures plus 12 jours de RTT sans jours imposés.
Le gouvernement
vient de présenter son projet de réforme des 35 heures. Quelles sont aujourd'hui
vos intentions sur ce point ?
Franchement, nous ne souhaitons pas aujourd'hui faire évoluer ce dispositif.
Il faut nous laisser du recul pour voir si notre nouveau dispositif nous
permet ou non de répondre au mieux aux besoins de nos clients. De notre
point de vue, c'est la seule chose qui compte.
Pourtant la plupart
de vos confrères critiquent depuis longtemps le passage aux 35 heures
et semblent vouloir profiter au plus vite des possibilités de réforme.
Pourquoi ce décalage ?
Bien sûr, le passage aux 35 heures nous a posé beaucoup de difficultés
car, en laissant le champ libre malgré un cadre général exigeant, le gouvernement
a obligé chaque branche et chaque entreprise à concevoir des accords différents
et complexes pour les adapter aux contraintes de chacun. Cela aboutit
à la coexistence de régimes qui n'ont souvent rien à voir d'une entreprise
à l'autre.
Quels dispositifs
avez-vous prévus pour suivre l'application du nouvel accord ?
Nous avons planifié une révision annuelle avec les délégués du personnel.
Nous verrons quels sont les éventuels aménagements nécessaires à l'issue
de cet échange. Mais la situation actuelle me semble plutôt satisfaisante
pour nos équipes. Nous avons accordé davantage de RTT chez Micropole-Univers
que dans l'accord Syntec et nous avons prévu quelques éléments d'assouplissement
comme la possibilité de reporter les RTT non-pris sur une durée de trois
mois l'année suivante. Nous permettons également aux jeunes recrues de
prendre leurs RTT par anticipation, etc...
Que pensez-vous,
à titre personnel de la loi sur les 35 heures ?
A mon avis, l'une des conséquences indirectes de la loi a été d'entraîner
une disparité excessive entre les entreprises en terme de temps de travail.
Il n'y a plus d'acquis social sur ce plan car le dispositif de RTT est
lié à votre contrat de travail. Lorsque vous quittez l'entreprise, vous
perdez ce cadre et rentrez dans un nouvel accord.
Mais justement,
l'accord 35 heures ne devient-il pas alors un élément important lors de
la négociation d'embauche ?
C'est exact et cela nous a plutôt servi lorsque nous étions confrontés
à la pénurie d'informaticiens sur le marché. Comme nous ne pouvions pas
mettre en avant les avantages classiques des grands groupes, comme un
important comité d'entreprise par exemple, notre accord est devenu un
atout lors de l'embauche.
L'accord 35 heures
a-t-il permis un développement du dialogue social dans l'entreprise ?
Non, la RTT ne nous a rien apporté sur ce plan car nous avions déjà un
climat de dialogue important au sein du groupe. Parallèlement à ce nouvel
accord, nous avons mis en place un pacte social pour la nouvelle configuration
Micropole-Univers, mais il s'agit d'une initiative indépendante du passage
aux 35 heures.
Nathalie Choux, 36 ans, est titulaire
d'un magistère en sciences sociales. Elle a débuté sa carrière chez Peugeot
avant de rejoindre le cabinet de recrutement Egor comme consultante. Entrée
chez Micropole début 1997 en tant que responsable de recrutement, elle
dirige depuis 1999 la direction des Ressources humaines.
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