Age 31 ans
Formation Ingénieur diplômé de l'Ensimag
(95).
Parcours Après son cursus de trois ans au sein de l'Ensimag,
Philippe Merle a effectué son service national comme scientifique du
contingent au centre d'essais en vol de
l'armée de l'air avant de rejoindre Esker Software.
Propos recueillis
par Fabien Claire le vendredi 12
avril 2002
Embauche
"Je suis rentré chez Esker
Software en 1997 comme ingénieur développement. A l'époque,
je cherchais à travailler hors de la région parisienne, j'ai
donc systématiquement privilégié les annonces d'emploi
en province. Esker Software est implanté à Lyon. Après
un mail personnalisé adressé aux anciens de mon école
d'ingénieur, j'ai pu rencontrer un dirigeant de la société
et deux chefs de projet. On m'a fait passer un test technique assez poussé
et j'ai été recruté."
Parcours dans la
société "J'ai
rejoint Esker dans une période de croissance rapide. Deux ans plus
tard, la société est rentrée en bourse. Cette introduction
lui a permis d'acquérir plusieurs sociétés aux Etats-Unis
avec lesquelles Esker a fusionné. Il a donc fallu coordonner et organiser
les services recherches et développement de ces entreprises avec celui
d'Esker Software. Après le rachat de notre troisième société
américaine qui comptait 200 salariés, soit autant qu'Esker à
l'époque, le groupe a souhaité consacrer un poste à temps
plein pour coordonner les travaux en France et aux Etats-Unis. C'est mon métier
aujourd'hui ! "
Concrètement...
" Aujourd'hui les
équipes de développement françaises, soit une trentaine
de personnes, s'occupent de la recherche sur les nouveaux produits du groupe.
Les équipes américaines, qui représentent une quarantaine
de personnes, s'occupent de la maintenance et des évolutions des produits
plus anciens. Mon rôle consiste à inventer des processus qui
permettent d'éviter de passer trop de temps à se consulter mutuellement
pour faire circuler l'information en interne. Je centralise l'information.
Je suis là aussi pour résoudre les problèmes d'incompréhension
mutuelle, car les différences culturelles sont importantes entre français
et américains. Les Français par exemple parlent principalement
de ce qui ne va pas, et cela de façon très directe. Aux Etats-Unis,
c'est l'inverse, on se focalise surtout sur ce qui va bien. De sorte qu'il
arrive qu'un américain soit pétrifié par un mail envoyé
par un collègue français si ce dernier apporte une quelconque
critique. L'Américain considère que la critique remet en cause
l'intégralité de son travail. Je suis là aussi pour désamorcer
les crises. Le réflexe des français est de me solliciter lorsqu'ils
ont des difficultés à se faire comprendre aussi sur des points
techniques par leurs collègues américains. Ces derniers ont
tendance eux à faire systématiquement appel à moi dans
leurs rapports avec les français car je suis le seul qu'ils connaissent
physiquement. J'ai donc aussi un rôle d'aiguillage."
Qualités indispensables
"Il faut beaucoup
de patience et de tolérance ainsi qu'une capacité de remise
en cause permanente et savoir faire preuve d'humilité. On ne doit jamais
considérer que l'on a compris comment fonctionnent les gens. Enfin,
la bonne humeur est une règle importante, dans ce métier plus
encore qu'ailleurs."
Défaut rédhibitoire
"Faire preuve de calcul et tenter
de manipuler les gens. Cela ne fonctionne qu'un temps et lorsque votre jeu
est démasqué, vous perdez tout crédit. Il ne faut surtout
pas être directif ou autoritaire. De toutes façons nous sommes
des médiateurs, nous n'avons pas de main-mise sur les gens. Il faut
une démarche de management participatif".
Horaires, conditions
de travail "J'arrive
vers 9h30 le matin et je repars vers 20h30 le soir. La plus grande part de
mon travail se fait avec des ingénieurs du Wisconsin avec lesquels
nous avons environ 5 heures de décalage. Je peux les joindre à
partir de 15h00, heure française. Je consacre la matinée à
la résolution des problèmes en cours et les réunions
en vidéo-conférence ont lieu l'après-midi".
Rémunération
"Nous avons un accord
d'intéressement réparti sur une base égalitaire dans
l'entreprise et des plans de stock-options pour tous les salariés dont
les montants attribués varient selon le salaire. Il n'y a pas de réelle
perspective de plus-value à court terme."
Satisfactions
"J'apprécie la communication
et l'ouverture à une autre culture que me permet ce métier.
Le fait de me placer au centre des équipes R&D me donne le sentiment
de faire avancer les choses."
Mauvaises surprises
"Pas de mauvaise surprise, mais peut-être
une inquiétude. Je ne fais plus beaucoup de développements lourds,
je suis parfois un peu inquiet à l'idée qu'il n'existe pas vraiment
de marché pour mon métier actuel de coordinateur-chef d'orchestre.
Sinon, les véritables mauvaises surprises sont pour moi les conséquences
des erreurs de communication. Je me souviens par exemple de deux équipes
qui avaient un problème de communication. L'une des équipes
a envoyé un mail à l'autre dans laquelle elle remettait en cause,
sans en avoir conscience, les compétences de l'autre. Dans ce cas,
je dois d'urgence jouer le rôle de pompier pour désamorcer la
crise. Tant que le problème n'est pas résolu, les gens n'avancent
plus et cela a un coût pour l'entreprise."
Dans deux ans ?
"J'aimerais évoluer vers du management d'équipe car j'ai
parfois le sentiment de subir les inconvénients du management sans
en avoir les avantages.".
Sites préférés
"D'abord Google
pour les recherches, Altavista
pour les traductions, le site de l'équipe
de basket de Limoges. Sinon, j'achète en ligne du matériel informatique
sur le site topachat.com"
Les
annonces d'ingénieur développement sur Emploicenter