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Le 27 novembre 2009

Diaa Elyaacoubi
Fondatrice de e-Brands

Ancienne élève de l'Enst Paris

"
Nous avons créé e-Brands au sein de l'incubateur de Télécom Paris"


Le dossier

Diaa Elyaacoubi, 31 ans, est à l'origine, avec son associé, de la société de service e-Brands qui propose des services de fourniture d'accès en marque blanche et de gestion d'abonnés aux entreprises. Après la vente de sa société au groupe Vivendi à la fin de l'année 2000, cette ancienne salariée de Cegetel a pris quelques mois de recul après cette période riche et intense, avant de lancer de nouveaux projets d'entreprises.

Emploicenter. Quel parcours vous a conduit à l'ENST Paris ?
Diaa Elyaacoubi. Je ne suis pas passée par le parcours classique Mines-Pont pour accéder à l'école. J'ai commencé par un parcours universitaire avec une maîtrise d'électronique et c'est en 1992, après cette maîtrise, que j'ai intégré Télécom Paris en deuxième année. J'étais également admise à Centrale et à Supélec auxquels je m'étais inscrite pour plus de sécurité, mais je préférais vraiment Télécom Paris car je suis passionnée par les produits télécoms qui nous entourent : les téléphones, les mobiles, les radios et les satellites. Je voulais vraiment comprendre comment tout cela fonctionnait.

Votre goût pour les télécoms remonte-t-il à l'origine de votre parcours universitaire ?
En fait, à l'origine, je rêvais de faire une thèse en physique fondamentale. Puis j'ai changé d'avis car je voulais davantage d'opérationnel et du challenge. J'avais besoin de me battre et de travailler sur du concret pour obtenir rapidement des résultats tangibles. Et puis je pressentais également un engouement pour le secteur des télécoms. Nous étions, au début des années 90, au lendemain de la création de Global One entre France Télécom et Deutsch Telekom et nous attendions la naissance des opérateurs télécoms alternatifs. L'arrivée de l'Internet allait également faire naître de nouveaux besoins et de nouveaux métiers. Et puis je voulais vivre dans Paris et Télécom est une des rares écoles situées dans Paris intra-muros et non pas en banlieue ou en Province.

Pourquoi cet attachement à Paris ?
C'est une ville superbe et les conditions de vie et de logement offertes à l'Enst Paris sont exceptionnelles et permettent de profiter vraiment de cette ville. L'école a longtemps été parrainée par France Télécom or ce parrain, qui s'est aujourd'hui retiré, a permis de doter l'école de moyens importants pour des activités extra-scolaires. D'ailleurs, la fin de ce partenariat a ensuite obligé les étudiants à trouver des sponsors pour continuer à organiser des événements et manifestations.

Quels souvenirs gardez-vous de votre intégration à l'école ?
Globalement, je conserve un excellent souvenir de toute cette période très riche dans la vie de tous les étudiants de l'école. J'ai rencontré là-bas beaucoup de gens avec lesquels je poursuis mon parcours aujourd'hui encore.

Mais vous arriviez en cours de cursus au sein d'un groupe déjà formé en même temps que les X, le choc culturel doit être important non ?
Le mélange est effectivement hétéroclite, voire même explosif vu de l'extérieur. Pendant les premières semaines, on ressent un certain cloisonnement avec les les X d'un côté et les concours communs de l'autre, mais au bout de quelques mois, les activités sportives et les fêtes permettent de réunir tout le monde. Ce goût commun pour la fête devient un véritable ciment au sein de l'école. Par ailleurs, nous n'étions que 20 % des filles à l'école et cela accélère beaucoup notre intégration (rires).

Concernant l'enseignement, quels sont vos souvenirs ?
Cela reste une excellente école d'ingénieur pour les matières de base que sont les maths, la physique et le reste qui permettent d'avoir une tête bien faite, comme dans la plupart des autres écoles d'ingénieur. Mais à Télécom, le spectre des spécialisations est très large : depuis la fibre optique jusqu'à la micro-électronique en passant par les canaux de transmissions et les réseaux. Cela permet vraiment de mieux comprendre le monde des Télécoms, de l'Internet et de l'informatique.

Avez-vous été bien préparée à la création d'entreprise ?
Absolument pas, mais c'est peut-être la seule vraie lacune de l'école. D'une manière générale, c'est même un trait commun de beaucoup de formations d'ingénieurs en France même si les choses changent aujourd'hui. L'engouement de ces dernières années pour la création d'entreprises donne des exemples aux jeunes étudiants. Télécom Paris a créé pour cela par exemple un incubateur qui a été l'un des premiers en France.

Vous aviez déjà le projet de créer votre entreprise lorsque vous étiez à l'école ?
J'avais effectivement cette ambition même si je ne savais pas quelle activité créer ni dans quel secteur j'allais me lancer. Je pensais simplement que ça se ferait plus tard. Mais lorsque j'en parlais autour de moi, mes amis trouvaient cela bizarre. Les enseignants eux-mêmes, par ailleurs excellents sur le plan académique, étaient assez loin du monde de l'entrepreneuriat. Là encore, cela change et l'incubateur permet à ces derniers de participer aux projets de leurs élèves.

Avez-vous eu l'occasion d'intervenir vous-même dans le cadre de l'école pour faire partager votre expérience de chef d'entreprise ?
Malheureusement je n'ai pas encore pu le faire faute de temps, mais Stéphane Roder, mon associé, est allé présenter e-Brands à l'école afin de promouvoir justement l'esprit d'entreprise.

Vous vous êtes rencontrés à l'école ?
Absolument et la plupart des premiers salariés que nous avons embauchés chez e-Brands étaient des gens de Télécom Paris. D'une façon générale, je rencontre encore beaucoup d'anciens amis étudiants dans les entreprises du secteur. Il faut reconnaître que le milieu est petit et les ingénieurs de Télécom Paris présents un peu partout.

Quel a été votre parcours à la sortie de l'Enst ?
Après mon diplôme en 1994, j'ai d'abord rejoint le groupe Bull où j'ai travaillé dans la technique avant de rejoindre les équipes marketing où j'ai commencé à travailler sur le commerce électronique et les intranets. Au bout de 2 ans, j'ai rejoint Cegetel qui venait de naître avec Stéphane Roder (promo 92). Tout était à construire et j'avais le sentiment de travailler pour une start-up même si nous avions les moyens d'un grand groupe. Nous étions alors seulement quelques dizaines de salariés à l'époque et nous sommes passés à plusieurs milliers en deux ans. J'avais déjà le sentiment de participer à une création d'entreprise. C'est pendant cette période que nous avons imaginé créer une société de services Internet pour les grandes entreprises.

Comment vous-êtes vous jetée dans l'aventure ?
Nous avons d'abord présenter le projet chez Cegetel mais ce n'était pas une priorité à l'époque pour le groupe. En fait, nous avons profité de la création de l'incubateur que venait de créer l'Enst au sein duquel nous avons donné naissance à e-Brands. Nous avons été beaucoup aidé par Dominique Ventre et Philippe Laurier, les enseignants chercheurs de l'Enst à l'origine de l'incubateur qui nous ont permis de valider notre projet. L'incubateur nous a hébergé le temps de démarrer le projet. A partir de là, tout est allé très vite. Mais avec son incubateur nous avons eu un vrai coup de pouce de la part de l'école.

Vous avez maintenant vendu e-Brands à l'actionnaire majoritaire de votre ancien employeur, quels sont vos projets pour le futur ?
J'ai d'abord pris un peu de repos pour recharger les batteries car j'ai vécu une période intense et très belle mais j'ai déjà des pistes d'embryons de nouveaux projets avec Stéphane. Pour l'heure je préfère rester discrète (rires).

Et pour finir, j'ose à peine vous demander si vous utiliser beaucoup Internet ?
Internet est aujourd'hui pour moi un outil quotidien aussi indispensable que le GSM. Je l'utilise beaucoup, pour m'informer sur les sites d'info du secteur high-tech, j'utilise Boursorama. J'achète également souvent sur Aquarelle car j'adore offrir des fleurs. Je suis également une fidèle lectrice du site Auféminin que je trouve à la fois ludique et pratique.

Il y a des sites que vous auriez aimés créer ?
Je ne sais pas vraiment, je crois que j'aurais bien voulu créer le site Zagat.com dédié au PDA et à la géolocalisation.

Propos recueillis par Fabien Claire le 16 janvier 2001

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